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WordPress est-il mort ? Non, mais la vraie question a changé

WordPress recule : 39,6 % des sites en octobre 2026, contre 43 % en janvier. L'IA permet désormais de coder un site sur mesure en quelques prompts. WordPress n'est pas mort pour autant, mais la question n'est plus « quelle technologie ? » : c'est « qui fera vivre le site, et avec quels mots ? ».

Illustration générée par IA : sur un établi parmi des copeaux et des ciseaux à bois, une vieille maison en bois habitée, cheminée fumante, fenêtres éclairées et jardin clôturé. À droite, un petit robot en bois assemble une maison neuve encore sans porte en tenant son plan à l'envers. Entre les deux, une figurine en bois, un trousseau de clés à la main, hésite.

En bref : non, WordPress n’est pas mort. Il recule, plus vite cette année que les précédentes, et l’IA y est pour quelque chose : un agent de code produit aujourd’hui un site sur mesure en quelques heures. Mais il équipe encore près de quatre sites sur dix. Avant de le quitter, la question à poser n’est plus « quelle technologie ? ». C’est : qui fera vivre le site, à quel rythme, avec quelles compétences, et avec quels mots pour parler à l’IA ?

Vous avez peut-être vu passer un site généré en une soirée, ou un article sur la chute de WordPress. La question suit naturellement : partir sur WordPress aujourd’hui, est-ce choisir une technologie du passé ? Nous faisons les deux : nous développons et maintenons des sites WordPress, et ouzom.fr est un site Astro, développé avec un agent IA. Voici comment nous tranchons.

WordPress au 20 octobre 2026, selon W3Techs

  • 39,6 % de tous les sites web, contre 43,0 % au 1er janvier 2026
  • 58,3 % des sites dont le CMS est identifié, contre 65,2 % en janvier 2022
  • × 7,5 plus de sites que Shopify, deuxième CMS du classement (5,3 %)
  • 32,1 % des sites sans CMS reconnu, une part qui remonte pour la première fois depuis 2015

Source : W3Techs, statistiques d'usage des CMS, relevées le 20 octobre 2026.

WordPress perd-il vraiment des parts de marché ?

Oui, et le mouvement s’accélère. Une précision d’abord : ces chiffres viennent de W3Techs, un service qui analyse en continu les technologies des sites qu’elle juge représentatifs du web, en écartant les domaines parqués et les sites jetables. Ce n’est pas le W3C, l’organisme qui publie les standards du web, avec lequel on le confond souvent.

Date Part de tous les sites Part des sites à CMS identifié Sites sans CMS reconnu
1er janvier 2022 43,2 % 65,2 % 33,8 %
1er janvier 2024 43,1 % 62,9 % 31,4 %
1er janvier 2025 43,6 % 62,0 % 29,6 %
1er janvier 2026 43,0 % 60,2 % 28,6 %
20 octobre 2026 39,6 % 58,3 % 32,1 %

Deux lectures se superposent. Parmi les sites qui utilisent un CMS, WordPress perd du terrain depuis 2022, lentement, au profit de Shopify, Wix et Squarespace. Rapporté à l’ensemble du web, il était resté stable autour de 43 % pendant quatre ans. C’est en 2026 que la courbe plonge : 3,4 points perdus en moins de dix mois.

Le chiffre le plus intéressant est dans la dernière colonne. La part des sites sans aucun CMS reconnu baissait chaque année depuis 2015, où elle dépassait 61 %. En 2026, elle remonte. W3Techs ne dit pas ce que sont ces sites. Notre hypothèse : une partie d’entre eux sont des sites codés directement, avec un framework, souvent avec l’aide d’une IA.

Gardons les proportions : WordPress reste plus de sept fois plus utilisé que Shopify (5,3 % des sites) et neuf fois plus que Wix (4,2 %). Un outil qui équipe quatre sites sur dix n’est pas mort. Il n’est simplement plus le choix par défaut qu’il a été.

Pourquoi WordPress recule-t-il ?

L’IA, d’abord. Un agent de code comme Claude Code ou Cursor produit un site Astro complet en quelques heures, à partir d’une description et d’une maquette. Astro est un framework qui génère des sites statiques, sans base de données ni interface d’administration. Son adoption est spectaculaire : d’après le registre npm, le paquet a été téléchargé 13,2 millions de fois en septembre 2026, contre 3,6 millions en septembre 2025. Un téléchargement n’est pas un site, chaque installation automatique compte aussi, mais la tendance est nette.

Les constructeurs de sites, ensuite. Shopify, Wix et Squarespace gagnent du terrain chaque année. Wix est passé de 3,3 % à 4,2 % des sites entre janvier 2025 et octobre 2026. Ils vendent la même promesse que l’IA : un site en ligne sans développeur.

Une communauté secouée. Le site spécialisé Shopifreaks attribue aussi une partie du recul au conflit ouvert depuis 2024 entre Matt Mullenweg, cofondateur de WordPress, et l’hébergeur WP Engine, qui a fini devant les tribunaux. L’effet est difficile à mesurer, mais il a entamé la confiance d’une partie des professionnels.

WordPress ne reste pas immobile pour autant. La version 7.0, sortie le 20 mai 2026, intègre au cœur un client IA capable de dialoguer avec des modèles génératifs, une API pour exposer les fonctions du site à des outils externes, et une administration redessinée.

Pour un autre point de vue de praticiens WordPress, l’équipe de WP Marmite a consacré un épisode de son émission à la même question : « WordPress face à l’IA : faut-il quitter le CMS en 2026 ? » (vidéo YouTube, nouvelle fenêtre).

Qui fera vivre le site, une fois livré ?

Choisir une technologie, c’est d’abord choisir qui pourra modifier le site, et comment. Nous détaillons ces questions dans notre article sur la refonte de site web. L’IA en change les réponses.

Qui administre le contenu ? Sur un site WordPress, la responsable communication change les horaires d’ouverture dans l’administration, voit le résultat et publie. Sur un site Astro généré par IA, le même changement veut dire : ouvrir le code, demander la modification à l’agent, relire ce qu’il a changé, puis déployer. C’est rapide pour un développeur. C’est une autre affaire pour une équipe qui n’en a pas.

À quelle fréquence ? Des pages qui changent deux fois par an supportent très bien ce circuit. Une actualité par semaine, une boutique dont les prix bougent, un agenda d’événements : chaque modification devient une petite intervention technique.

Avec quelle compétence technique ? Un agent IA écrit du code, il ne le relit pas à votre place. Quelqu’un doit comprendre ce qui a changé avant de mettre en ligne, et savoir revenir en arrière quand ça casse.

Une formation est-elle prévue ? Pour un site WordPress, nous formons nos clients en une demi-journée de visio, avec un support de présentation qui reprend les principales tâches d’administration. Beaucoup connaissent déjà l’outil, et le support reste après la séance. Former quelqu’un à faire évoluer un site avec un agent IA, à lire une modification de code et à la déployer, c’est un autre programme.

Pourquoi le vocabulaire fait la différence avec un agent IA

Un agent IA fait ce qu’on lui demande. Le problème, c’est qu’on ne sait pas toujours quoi lui demander.

Demandez « ajoute un menu en haut de la page » : vous obtiendrez un menu, sans doute joli. Demandez « un menu de navigation dans une balise nav, utilisable au clavier, qui se replie en bouton sous 768 pixels avec un attribut aria-expanded mis à jour à l’ouverture » : vous obtiendrez un menu accessible. La différence ne tient pas à l’outil. Elle tient à la personne qui sait que ces mots existent.

Il en va de même partout. Une personne sans bagage technique ne pensera pas à demander des images servies au bon format et à la bonne taille, des redirections pour les anciennes adresses, des en-têtes de sécurité ou un formulaire protégé contre le spam. L’agent ne le fera pas forcément de lui-même. Le site aura l’air terminé, et il ne le sera pas.

C’est pour cela que l’IA, chez nous, a déplacé le travail plutôt que de le supprimer. Le temps gagné sur l’écriture du code se reporte sur la conception, la formulation des demandes et la relecture.

Un site généré par IA peut-il être accessible, sobre et sûr ?

Oui, à condition de le demander, et de vérifier. Les agents actuels savent produire un site accessible, léger et correctement sécurisé. Ils ne le font pas spontanément.

La sécurité. En 2025, l’éditeur Veracode a soumis 80 tâches de programmation à plus de 100 modèles de langage. Dans 45 % des cas, le code produit contenait une faille du Top 10 de l’OWASP, la liste de référence des risques web. Son directeur technique résume le problème : les développeurs n’ont pas besoin de préciser des contraintes de sécurité pour obtenir le code qu’ils veulent, et laissent donc ces décisions au modèle.

L’accessibilité. Le RGAA, le référentiel d’accessibilité français, compte 106 critères. Un agent à qui personne n’en parle en respectera certains par hasard. Pour les organismes concernés par l’obligation, que nous détaillons dans notre article sur le RGAA en 2026, « par hasard » ne suffit pas.

L’écoconception. Même logique avec le RGESN : poids des pages, nombre de requêtes, images, polices. Un agent peut appliquer les bonnes pratiques d’écoconception critère par critère, si on les lui donne. Nous reviendrons en novembre sur la contradiction qu’il y a à utiliser l’IA pour faire des sites sobres, et sur ce qu’un outil d’audit automatisé peut vérifier.

Un site WordPress n’est pas accessible ou sobre par nature non plus : tout dépend du thème et des extensions. Mais un site sur mesure généré par IA a exactement la qualité de la demande qui l’a produit, et de la relecture qui l’a suivi.

Ce que WordPress apporte déjà, et qu’il faudrait refaire

Coder un site sur mesure est devenu rapide. Le maintenir ne l’est pas devenu. Chaque fonction que WordPress fournit et qu’il faudrait réimplémenter, c’est du code à tester, à sécuriser et à mettre à jour pendant des années.

Ce que fournit WordPress, comparé à un site sur mesure généré par IA, pour un site qui doit être modifié par une équipe non technique.
Besoin WordPressSite sur mesure généré par IA
Vendre en ligne WooCommerce : catalogue, panier, paiement, commandes, déjà éprouvéUn service tiers à brancher, ou un tunnel de vente à développer et à sécuriser
Se connecter Comptes, mots de passe, réinitialisation, inclusÀ développer ou à confier à un service externe, avec les données personnelles qui vont avec
Modifier un contenu Un éditeur visuel dans l'administrationUne modification de code, ou un CMS découplé à ajouter
Répartir les droits Six rôles prédéfinis, de l'abonné au super administrateurÀ concevoir et à coder
Prise en main Une administration que beaucoup d'équipes connaissent déjàUn circuit propre au projet, à documenter et à transmettre
Maintenance Cœur, extensions et PHP à mettre à jour régulièrementPeu de choses côté serveur pour un site statique, beaucoup plus dès qu'il y a des comptes ou des paiements

La dernière ligne compte : WordPress n’est pas gratuit à entretenir. Nous décrivons ce que cela demande dans notre méthode de maintenance WordPress. Mais cette maintenance porte sur du code utilisé par des millions de sites, corrigé par des milliers de développeurs. Celle d’un site sur mesure porte sur du code que vous êtes seul à utiliser.

Alors, faut-il encore partir sur WordPress ?

Souvent, oui. Pour une boutique, un site avec plusieurs rédacteurs, une équipe qui publie chaque semaine sans développeur, WordPress fait déjà ce dont vous avez besoin. Le réimplémenter avec une IA serait rapide à livrer et coûteux à faire vivre.

Pour un site vitrine dont les contenus bougent peu, porté par quelqu’un à l’aise avec le code ou accompagné par un prestataire, un site statique comme celui-ci est souvent plus léger, plus simple à héberger et moins exposé. C’est le choix que nous avons fait pour ouzom.fr, parce que nous sommes les seuls à le modifier, et que nous savons quoi demander à l’agent.

On nous demande souvent quelle technologie choisir. Nous répondons presque toujours par d’autres questions. Qui va administrer le site ? Quelles compétences a cette personne, et quelle sensibilité technique ? À quelle fréquence les contenus vont-ils changer ? Selon les réponses, la recommandation n’est pas la même.

Questions fréquentes sur l’avenir de WordPress

WordPress est-il mort en 2026 ?

Non. Selon W3Techs, WordPress équipe encore 39,6 % des sites au 20 octobre 2026, et 58,3 % des sites dont le CMS est identifié. Il recule, plus vite en 2026 que les années précédentes, mais il reste de loin le premier CMS du web, plus de sept fois plus utilisé que Shopify, son premier concurrent.

Quelle part des sites web utilise WordPress ?

39,6 % de tous les sites au 20 octobre 2026 d’après W3Techs, contre 43,0 % au 1er janvier 2026. Parmi les sites dont le CMS est identifié, sa part est passée de 65,2 % en janvier 2022 à 58,3 %.

Peut-on remplacer WordPress par un site codé avec l’IA ?

Oui, pour un site vitrine aux contenus stables, surtout si une personne à l’aise avec le code et avec un agent IA le fera vivre. Pour une boutique, un site avec plusieurs rédacteurs ou une équipe qui publie souvent sans développeur, il faudrait recoder et maintenir ce que WordPress fournit déjà : édition de contenu, rôles, authentification, e-commerce.

WordPress intègre-t-il l’intelligence artificielle ?

Oui. WordPress 7.0, sorti le 20 mai 2026, ajoute au cœur un client IA qui permet au CMS de dialoguer avec des modèles génératifs, une API dite Abilities et un écran pour gérer les connexions à des services externes.

Transparence : comment cet article a été produit

Nous utilisons l’intelligence artificielle dans notre travail éditorial, et nous préférons le dire clairement.

Pour cet article, elle a servi à rechercher et vérifier les sources (statistiques de W3Techs, registre npm, annonces de WordPress, étude de Veracode) et à proposer une première rédaction. Les chiffres de parts de marché ont été relevés directement sur W3Techs le 20 octobre 2026, et non repris de la presse, qui citait des valeurs plus anciennes. L’avis et les recommandations sont les nôtres, et l’article a été relu par l’équipe.

Chaque chiffre renvoie à sa source. Quand une source ne disait pas ce que nous voulions lui faire dire, comme la nature des sites sans CMS reconnu, nous l’avons présenté comme une hypothèse.

Sources

L’illustration en tête d’article est générée par intelligence artificielle.

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